Marine Bikard : le dessin comme expérience

À Drawing now Paris, Marine Bikard présente des dessins issus de deux pratiques de recherche - les partitions et les "doubles mains" - où le dessin devient une expérience du corps, de l'attention et de la relation.

3/19/20263 min read

À l’occasion du salon Drawing Now Paris, la Galerie Maxime Allain présente un ensemble de dessins récents de Marine Bikard, issus de deux pratiques de recherche : la partition et les dessins “main double”.

Chez Marine Bikard, le dessin n’est pas d’abord une image.

C’est un état d’attention, une manière d’entrer en relation — avec un lieu, avec une sensation, avec un autre corps.

Marine Bikard

Bureau
fusain sur papier
188x150 cm
2026

Avec ses partitions, Marine Bikard commence par écrire ce qu’elle voit — non pas comme une description, mais comme une adresse. Tout devient “tu” : un mouvement, une lumière, un détail du monde.

Ce texte est ensuite lu, enregistré, puis réécouté au moment du dessin.

Le dessin ne vient plus traduire une image.

Il suit une voix.

Le geste s’accorde à un rythme, à des silences, à des inflexions.

Ce qui apparaît sur le papier n’est pas la représentation d’un lieu, mais la trace d’un passage : celui du regard devenu mouvement.

Inspirée notamment des pratiques du chorégraphe Rémy Héritier, cette méthode engage le corps entier. Le dessin devient une surface de projection, un espace où perception et action se confondent.

Les dessins dits “main double” naissent d’une situation simple, presque déroutante :

tenir la main de l’autre et dessiner avec elle.

Deux corps s'unissent pour faire un geste, une oeuvre.

Au départ, un jeu de contact est mis en place pour que la main des dessinateurs découvrent la main de l'autre. Une attention portée à la main comme à un paysage : ses tensions, ses directions, ses hésitations. Ce jeu de contact peut durer une dizaine de minutes. 

Puis le dessin commence.

Quand l’autre dessine avec ma main, quelque chose passe.

Une énergie, un rythme, une manière d’habiter le trait.

Le dessin ne se regarde plus seulement — il se traverse.

À l’inverse, dessiner avec la main de l’autre déplace la perception : elle ne s’organise plus autour de la reconnaissance des formes, mais autour de masses, de flux, d’intensités.

La main devient un monde.

Un espace où plusieurs gestes coexistent :

un doigt appuie, un autre étale, la matière résiste, cède, se transforme.

Le trio main–outil–surface ouvre une infinité de possibles.

Par moments, le regard se retire. Les yeux se ferment.

Le dessin continue.

Marine Bikard Mains doubles
Marine Bikard Mains doubles

Marine Bikard

La main double, avec Lucie Baumgarten
fusain, craies et pastels sur papier calque
6 dessins de 50 x 50 cm
2026

Marine Bikard

Bourgeon série "la main double"
collaboration avec Camille Cosson
35 x 25 cm
tirage jet d'encre
à partir d'une photographie argentique 2026
Edition limitée, 10 exemplaires

Dessiner avec la main de l’autre

Dessiner comme on suit une partition

Marine Bikard

La main double, avec Camille Cosson
fusain, craies et pastels sur papier
6 dessins de 50 x 50 cm
2026

Marine Bikard Mains doubles avec Camille Cosson
Marine Bikard Mains doubles avec Camille Cosson
Marine Bikard Mains doubles avec Diane Sorin
Marine Bikard Mains doubles avec Diane Sorin

Marine Bikard

La main double, avec Gaspard Laurent
fusain, craies et pastels sur papier
6 dessins de 50 x 50 cm
2026

Marine Bikard Mains doubles avec Gaspard Laurent
Marine Bikard Mains doubles avec Gaspard Laurent

Marine Bikard

La main double, avec Diane Sorin
fusain, craies et pastels sur papier
6 dessins de 50 x 50 cm
2026

Marine Bikard Main double avec Tereza Lochmann
Marine Bikard Main double avec Tereza Lochmann

Marine Bikard

La main double, avec Tereza Lochmann
fusain, craies et pastels sur papier
6 dessins de 50 x 50 cm
2026